« Dans l’atelier : l’histoire, la matière et le geste de la marqueterie de paille »

« Dans l’atelier : l’histoire, la matière et le geste de la marqueterie de paille »


Derrière la lumière, le geste



Avant que la paille ne devienne éclat, avant que la lumière ne s’y accroche, il y a le silence de l’atelier.

Le parfum du bois, le bruissement du papier, la précision du couteau.

Tout commence ici — dans ce lieu un peu secret, où chaque brin de paille trouve sa place, patiemment.

C’est là que naissent les bijoux, les panneaux, les miroirs, les meubles…

Un univers de textures et de reflets, entre tradition et modernité.



La paille de seigle : une matière noble et vivante



La paille de seigle que j’utilise est récoltée en Bourgogne.

Naturelle, puis parfois teintée avec des pigments végétaux, elle garde une âme rustique et pure.

Sous la lumière, elle révèle des nuances changeantes : or pâle, bronze, argent, ou encore bleu profond.

Chaque brin a sa personnalité. Il faut le comprendre, l’écouter, avant de le poser.

C’est un dialogue avec la matière, une forme de respect.



Le savoir-faire de la marqueterie de paille



La technique demande une infinie précision.

La paille est d’abord ouverte, aplatie, polie, puis découpée en fines lamelles.

Ces fragments sont ensuite assemblés, collés un à un pour former un motif : chevrons, rayons, vagues, spirales…

Un travail patient, minutieux, où chaque geste compte.

La main guide, l’œil ajuste, le cœur équilibre.



Entre tradition et création contemporaine



La marqueterie de paille a traversé les siècles.

Longtemps associée aux coffrets et aux décors précieux, elle s’ouvre aujourd’hui à d’autres formes : bijoux, miroirs, mobilier sur mesure.

J’aime jouer avec les lignes, détourner les codes, inventer des reflets nouveaux.

C’est là que la tradition devient vivante — quand elle se réinvente.



Une matière qui respire



Dans l’atelier, la lumière change au fil des heures.

La paille, elle aussi, change avec elle.

C’est cette respiration que je cherche à capturer : la vie dans la matière, la poésie dans le geste.

Chaque création garde un peu de cette âme silencieuse.


Entrer dans mon atelier, c’est entrer dans un lieu où le temps s’étire, où chaque fibre compte, où la beauté naît du simple.

C’est là que la paille devient lumière, et que la lumière devient émotion.

Retour au blog