La marqueterie de paille possède une particularité étonnante : elle capte et réfléchit naturellement la lumière, sans vernis brillant ni effet artificiel. C’est l’une des raisons pour lesquelles une création en paille peut sembler changer de couleur ou d’intensité selon l’endroit d’où on la regarde.
Dans mon atelier à Mauguio, près de Montpellier, c’est précisément cette relation entre la matière et la lumière qui me fascine et guide une grande partie de mon travail.
D’où vient cette brillance ?
La paille de seigle possède naturellement une surface lisse et brillante. Lorsque le brin est ouvert puis aplati, cette surface révèle des reflets particulièrement lumineux.
Contrairement à une peinture ou à un matériau dont l’éclat provient principalement de sa finition, la paille possède donc sa propre luminosité. Elle n’a pas besoin d’être recouverte d’un vernis brillant pour révéler ses reflets.
C’est ce qui donne à la marqueterie de paille cet aspect si particulier, parfois presque soyeux.
Pourquoi les reflets changent-ils lorsque l’on se déplace ?
C’est ici que le travail du marqueteur intervient.
Dans mes créations, chaque brin de paille est préparé puis posé individuellement. Selon le sens dans lequel je l’oriente, il ne réfléchit pas la lumière de la même façon.
Deux zones réalisées avec exactement la même couleur de paille peuvent ainsi paraître différentes simplement parce que les brins ne sont pas orientés dans la même direction.
Lorsque l’on se déplace devant un tableau ou un miroir en marqueterie de paille, certaines parties deviennent plus lumineuses tandis que d’autres semblent s’assombrir. Puis le phénomène s’inverse.
L’œuvre évolue avec la lumière et avec le regard.
C’est aussi pour cette raison qu’une photographie ne restitue jamais complètement une création en marqueterie de paille : elle fige un seul instant alors que la matière, elle, est changeante.
La lumière fait partie de mes compositions
À l’Atelier France-Pascale, j’utilise cette propriété comme un véritable élément de dessin.
Dans un tableau comme Convergence, par exemple, les changements de direction des brins participent au rayonnement de la composition. Les tonalités naturelles — miel, tabac, sable, brun ou noir — prennent des intensités différentes selon la lumière et l’angle sous lequel on observe l’œuvre.
Je recherche ce même dialogue dans mes miroirs, mes objets, mes bijoux et mes créations sur mesure.
C’est d’ailleurs ce que j’aime particulièrement dans cette matière : la paille n’est jamais totalement immobile.
Le matin, une création peut sembler douce et discrète. Quelques heures plus tard, éclairée différemment, certaines lignes apparaissent avec beaucoup plus de force.
C’est cette lumière naturelle, associée au travail minutieux du brin posé un à un, qui donne à la marqueterie de paille son caractère si vivant.
